Quel type d’incontinence urinaire a été étudié avec le laser vaginal ?
Le laser vaginal a surtout été étudié pour l’incontinence urinaire d’effort.
Cette forme d’incontinence provoque des fuites lorsque la pression abdominale augmente, par exemple en toussant ou en éternuant, en riant, en courant ou en sautant, pendant certaines activités sportives, lors du port d’une charge.
Le mécanisme implique notamment un défaut de soutien de l’urètre et du plancher pelvien.
Une fuite déclenchée par un effort n’a donc pas le même mécanisme qu’une fuite précédée d’une envie urgente d’uriner. Cette distinction est indispensable avant d’envisager un traitement.
Comment le laser vaginal pourrait-il agir sur l’incontinence urinaire d’effort ?
Le laser vaginal ne renforce pas directement les muscles du périnée et ne traite pas la vessie.
L’énergie est délivrée aux tissus de la paroi vaginale. Les mécanismes étudiés comprennent une modification du collagène et des propriétés des tissus situés autour du vagin et de l’urètre.
L’objectif est d’améliorer le soutien tissulaire de la région urétrale et non de provoquer une contraction musculaire.
Le laser et la rééducation périnéale n’agissent donc pas sur la même structure : le laser cible les tissus vaginaux, tandis que la rééducation vise principalement la fonction des muscles du plancher pelvien.
Le laser vaginal est-il efficace contre les petites fuites à l’effort ?
Certaines études montrent une diminution des symptômes chez des femmes présentant une incontinence urinaire d’effort légère, mais les résultats restent insuffisants pour garantir une efficacité.
Les premières études étaient souvent favorables, mais beaucoup ne comportaient pas de groupe placebo et suivaient les patientes pendant une durée limitée.
Des essais contrôlés ont ensuite donné des résultats plus nuancés. Dans un essai randomisé comparant un laser Erbium à un traitement simulé, une amélioration des symptômes a été observée, mais seulement 21 % des femmes traitées se déclaraient continentes contre 4 % dans le groupe placebo.
Les recommandations européennes soulignent surtout le faible nombre d’essais contrôlés de bonne qualité, l’hétérogénéité des lasers et des paramètres utilisés et le manque de données à long terme.
Le laser peut donc améliorer les fuites chez certaines patientes, mais il n’est pas possible de prévoir avec certitude quelles femmes répondront au traitement.
Le laser vaginal traite-t-il l’incontinence par urgenturie ?
Le laser vaginal n’est pas un traitement recommandé de l’incontinence par urgenturie ou de l’hyperactivité vésicale.
Dans ce cas, la fuite est précédée d’une envie soudaine et difficile à retenir. La femme peut avoir besoin d’uriner fréquemment ou se réveiller plusieurs fois la nuit pour uriner.
Le problème concerne principalement le fonctionnement de la vessie et ne correspond pas au mécanisme de l’incontinence d’effort.
Les études sur le laser pour l’hyperactivité vésicale montrent seulement une amélioration minime à court terme, avec des données de faible qualité.
Une fuite qui survient avant d’arriver aux toilettes ne doit donc pas être confondue avec une fuite provoquée par un effort, comme la toux, l’éternuement ou l’activité physique.
Le laser vaginal traite-t-il l’incontinence urinaire mixte ?
L’incontinence mixte associe des fuites à l’effort et des fuites liées à une envie urgente d’uriner.
Dans cette situation, il faut déterminer quelle composante est prédominante et la gêne provoquée par chacune.
Traiter uniquement les tissus vaginaux ne permet pas nécessairement d’améliorer la composante liée à l’hyperactivité vésicale.
Une incontinence mixte nécessite donc une évaluation plus globale qu’une incontinence d’effort simple.
Le laser peut-il remplacer la rééducation périnéale ?
Non. La rééducation des muscles du plancher pelvien reste le traitement de première intention de l’incontinence urinaire d’effort.
Les recommandations de l’European Association of Urology préconisent un entraînement supervisé et intensif des muscles du plancher pelvien pendant au moins trois mois chez les femmes présentant une incontinence d’effort ou une incontinence mixte.
La rééducation va à améliorer la force, l’endurance et le contrôle des muscles qui participent au soutien de l’urètre et des organes pelviens.
Le laser ne doit donc pas être présenté comme un substitut équivalent à la rééducation périnéale.
Le laser peut-il traiter une incontinence urinaire importante ?
Le laser n’est pas un traitement adapté à une incontinence urinaire d’effort importante ou complexe.
Des fuites abondantes ou très fréquentes, une incontinence récidivante après une intervention ou l’association à un prolapsus nécessitent une évaluation urologique ou gynécologique adaptée.
Selon la situation, d’autres traitements conservateurs ou chirurgicaux peuvent être proposés.
Plus l’incontinence est importante ou complexe, moins il est pertinent de proposer un laser sans bilan préalable précis.
Comment savoir quel traitement est adapté à ses fuites urinaires ?
Il faut d’abord identifier le type d’incontinence : effort, urgenturie ou association des deux.
Le moment où survient la fuite apporte déjà une information essentielle. Une fuite pendant la toux ou le sport évoque une incontinence d’effort. Une fuite précédée d’une envie brutale évoque davantage une urgenturie.
Il faut ensuite évaluer la fréquence et l’importance des fuites, leur retentissement, l’état du plancher pelvien et rechercher notamment un prolapsus lorsqu’il existe des signes évocateurs.
À Genève, cette évaluation permet de déterminer si une prise en charge périnéale, urologique ou gynécologique est nécessaire.
Le laser vaginal a principalement été étudié pour les formes légères d’incontinence urinaire d’effort, mais les données actuelles ne permettent pas de le considérer comme un traitement de référence. La priorité est donc d’identifier précisément le type et la sévérité de l’incontinence avant de choisir le traitement.
Article written by Dr Valeria Romano
Dr Valeria Romano supports each patient through a comprehensive approach to facial, body and intimate aesthetics, as well as skin and hair quality. Every treatment is based on a personalised medical assessment.
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