BOTULINUM TOXIN : 5 QUESTIONS BEFORE INJECTIONS

La toxine botulique ne suscite plus seulement des questions sur les rides du front ou la ride du lion. Aujourd’hui, les patients s’interrogent surtout sur le bon moment pour commencer, le risque de modifier leurs expressions, l’intérêt d’un traitement préventif ou encore les conséquences d’injections répétées. Voici cinq questions qui permettent de mieux comprendre ce que la toxine botulique peut réellement apporter, mais aussi ses limites.

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1. Faut-il vraiment attendre d’avoir des rides pour commencer la toxine botulique ?

Non. Il n’est pas nécessaire d’attendre que les rides soient installées et visibles au repos pour envisager des injections de toxine botulique. Le traitement peut être proposé lorsque les contractions musculaires commencent à marquer la peau de façon répétée.
Les rides d’expression apparaissent d’abord lors des mouvements du visage : lorsque l’on fronce les sourcils, lève le front ou sourit. Au début, elles disparaissent complètement lorsque le visage est au repos. Avec le temps et la répétition des contractions, elles peuvent progressivement rester visibles même lorsque les muscles ne se contractent plus.
C’est avant cette installation permanente que la toxine botulique peut avoir un intérêt préventif. En diminuant l’activité des muscles responsables des rides d’expression, elle limite les contractions répétées qui participent progressivement à leur formation.
Cela ne signifie pas qu’il faille commencer les injections à 25, 30 ou 35 ans de manière systématique. Deux personnes du même âge peuvent avoir des indications très différentes selon leur activité musculaire et la manière dont leur peau se marque.
Le bon moment pour commencer la toxine botulique dépend donc de l’apparition des premières rides d’expression et de leur évolution, et non d’un âge précis.

2. Peut-on faire des injections de toxine botulique sans que son entourage le remarque ?

Oui. Un traitement discret est possible lorsque la diminution de l’activité musculaire reste compatible avec la dynamique naturelle du visage.
L’idée selon laquelle une injection réussie doit supprimer toutes les contractions est aujourd’hui largement remise en question. Beaucoup de patients souhaitent au contraire conserver leurs expressions : pouvoir relever les sourcils, sourire naturellement ou même continuer à froncer légèrement.
La dose n’est qu’une partie de l’équation. La localisation des injections et la manière dont les différents muscles du visage s’équilibrent sont tout aussi importantes.
Au niveau du front, par exemple, le muscle frontal élève les sourcils. L’affaiblir excessivement peut modifier le regard, même si les rides horizontales sont parfaitement effacées. À l’inverse, conserver volontairement une certaine activité permet de préserver davantage de mobilité.
Le résultat peut ainsi être visible pour le patient sans être identifiable comme une injection par son entourage : le visage paraît moins ridé, mais son fonctionnement reste harmonieux.
Le traitement doit donc être pensé en fonction d’un objectif précis, car atténuer une ride et immobiliser un muscle sont deux objectifs différents.

3. « Baby toxine botulique », micro-doses : est-ce réellement mieux ?

Non. La « baby toxine botulique » ou l’utilisation de micro-doses n’est pas systématiquement meilleure qu’un traitement classique. Le résultat dépend surtout de l’adaptation de la dose et de la technique à chaque patient.
Utiliser des faibles doses peut être pertinent lorsque l’objectif est de diminuer certaines contractions tout en conservant une mobilité importante du visage. Mais une dose plus faible ne garantit pas, à elle seule, un résultat plus naturel.
Un muscle puissant peut être insuffisamment traité si la quantité injectée est trop faible. À l’inverse, un muscle moins puissant peut nécessiter une correction très modérée. La dose doit donc être adaptée à l’anatomie, au sexe, à la masse musculaire, à la zone traitée et au résultat recherché.
Il faut également distinguer la « baby toxine botulique », qui désigne généralement l’utilisation de doses réduites, de certaines techniques de « micro-toxine » reposant sur des injections très superficielles. Ces termes sont cependant utilisés pour désigner des protocoles différents, ce qui entretient une certaine confusion.
La question n’est donc pas de savoir si la « baby toxine botulique » est meilleure, mais quelle dose et quelle technique sont adaptées au muscle à traiter. Une dose personnalisée est préférable à une quantité d’unités déterminée à l’avance ou choisie simplement parce qu’elle correspond à une tendance.

4. Que se passe-t-il si l’on fait de la toxine botulique pendant des années puis que l’on arrête ?

Arrêter les injections ne fait pas vieillir brutalement le visage et ne provoque pas davantage de rides parce que la toxine botulique a été interrompue. Les muscles récupèrent progressivement leur activité à mesure que l’effet du traitement disparaît.
Les contractions redeviennent donc visibles et les rides dynamiques peuvent progressivement réapparaître.
Après plusieurs années d’injections régulières, certains muscles peuvent également avoir perdu une partie de leur puissance ou de leur volume en raison de leur moindre sollicitation. Leur récupération après l’arrêt n’est pas nécessairement immédiate.
Il existe parfois une impression subjective d’aggravation : le patient s’est habitué pendant plusieurs années à voir son front moins marqué ou sa ride du lion atténuée. Lorsque les mouvements réapparaissent, le contraste peut être important. Cela ne signifie pas que la toxine botulique a « abîmé » le visage.
Le vieillissement a par ailleurs continué pendant toutes ces années. La peau, les volumes graisseux et les structures profondes ont évolué indépendamment du traitement.
La toxine botulique ne crée donc pas une dépendance esthétique au sens physiologique du terme. Continuer ou arrêter reste un choix : l’arrêt entraîne le retour progressif de l’activité des muscles traités.

5. La toxine botulique est-elle toujours le traitement anti-rides de référence ?

Non. La toxine botulique est efficace lorsque la ride est principalement provoquée par une contraction musculaire, mais elle ne traite pas toutes les manifestations du vieillissement du visage.
Cette distinction est devenue d’autant plus importante que les traitements disponibles se sont multipliés.
Une ride du lion qui apparaît lors du froncement des sourcils répond à une logique musculaire. Une joue qui se creuse relève davantage d’une modification des volumes. Une peau dont la texture s’altère, qui présente des ridules diffuses ou des signes de photovieillissement nécessite encore une autre approche.
Acide hyaluronique, Skinboosters, inducteurs de collagène, lasers, peelings ou autres techniques ne sont donc pas simplement des alternatives interchangeables à la toxine botulique. Ils agissent sur des composantes différentes du vieillissement.
Cette évolution explique aussi pourquoi l’approche actuelle tend moins à « traiter une ride » qu’à rechercher pourquoi cette ride est apparue.
L’analyse du visage au repos et en mouvement permet de distinguer une ride essentiellement musculaire d’une modification liée à la peau, aux volumes ou au relâchement. La toxine botulique garde alors une place très précise : celle d’un traitement destiné à moduler une activité musculaire lorsqu’elle est réellement responsable du problème observé.

Photo of doctor Valeria Romano in Geneva

Article written by Dr Romano Valeria

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