La première consultation de médecine esthétique sert à déterminer si le traitement envisagé est adapté, quel résultat peut être obtenu et quels sont ses risques. Le patient doit aussi connaître les alternatives, les suites, la durée du résultat et le coût total avant de prendre sa décision.
Le traitement doit être choisi en fonction de la cause du problème, et pas uniquement de la zone qui gêne.
Des cernes peuvent être liés à un creux, à une pigmentation, à la visibilité des vaisseaux ou à plusieurs de ces facteurs. Une injection d’acide hyaluronique peut améliorer un cerne creux, mais ne traite pas une pigmentation.
De même, une ride du front liée aux contractions musculaires peut être traitée par toxine botulique, alors qu’une ride devenue permanente peut nécessiter une prise en charge complémentaire de la peau.
Le médecin doit préciser ce que le traitement peut améliorer et ce qu’il ne pourra pas corriger.
Une injection peut atténuer une ride sans la faire disparaître. Un traitement des cernes peut réduire l’aspect fatigué lié à un creux sans supprimer une pigmentation. Un laser fractionné peut améliorer une cicatrice d’acné sans l’effacer complètement.
Il faut également vérifier si le résultat souhaité est réalisable sur son propre visage. Par exemple, la forme des lèvres, la projection du menton ou le dessin de la mâchoire dépendent de l’anatomie de départ. Une photographie peut servir à montrer au médecin le résultat recherché, mais le même traitement ne donnera pas exactement le même résultat sur deux visages différents.
Plusieurs techniques peuvent parfois être envisagées, mais elles n’agissent pas de la même manière.
Pour améliorer la qualité de la peau, le médecin peut par exemple discuter un Skinbooster, une mésothérapie, un peeling ou un laser. Le choix dépend du problème : déshydratation, taches, pores visibles, irrégularités de texture, cicatrices ou photovieillissement.
Il faut demander pourquoi une technique est préférable aux autres dans son cas, mais aussi connaître les alternatives possibles.
Il faut connaître les effets secondaires fréquents et les complications rares mais graves.
Après une injection, rougeur, gonflement, sensibilité ou ecchymoses peuvent survenir. Après un peeling ou un laser, les suites peuvent comprendre rougeur, desquamation et sensibilité cutanée.
Certaines complications sont beaucoup plus rares mais doivent être expliquées. Une injection d’acide hyaluronique peut exceptionnellement provoquer une occlusion vasculaire. Un peeling ou un laser peut entraîner une hyperpigmentation post-inflammatoire, notamment chez les phototypes plus foncés ou en cas d’exposition solaire inadaptée.
Les contre-indications dépendent du traitement. Le médecin doit donc connaître les maladies, allergies, médicaments et antécédents du patient avant tout acte.
Il faut notamment signaler les traitements anticoagulants ou antiagrégants, certaines maladies auto-immunes ou neurologiques, les infections en cours, les antécédents d’herpès lorsque certaines zones sont traitées, ainsi qu’une grossesse ou un allaitement.
Il ne faut jamais arrêter spontanément un médicament prescrit pour pouvoir réaliser un acte esthétique. La conduite à tenir doit être décidée avec le médecin prescripteur.
Le nombre de séances dépend du traitement et du résultat recherché. Il doit être connu avant de commencer lorsque le traitement nécessite une cure.
Certaines injections peuvent être réalisées en une séance. Les Skinboosters, la mésothérapie, le Sculptra, certains peelings et les traitements laser peuvent nécessiter plusieurs séances selon l’indication.
Il faut également demander si des séances d’entretien seront nécessaires et à quelle fréquence elles sont habituellement envisagées.
Le délai pour évaluer le résultat dépend du traitement. Après une injection d’acide hyaluronique, le résultat est visible immédiatement, mais il est préférable d’attendre environ 2 semaines pour l’évaluer, le temps que le gonflement diminue et que le produit s’intègre dans les tissus.
La toxine botulique commence généralement à agir en 3 à 7 jours et son résultat s’évalue vers 10 à 15 jours. Une éventuelle retouche est donc discutée à ce moment-là.
Avec Sculptra, le résultat apparaît progressivement à partir de quelques semaines et continue à évoluer pendant 3 à 6 mois, en raison de la stimulation de la production de collagène.
Après un laser fractionné, l’amélioration de la peau se poursuit généralement pendant plusieurs semaines à plusieurs mois, au fur et à mesure de la production de collagène et du remodelage cutané.
La durée d’un résultat dépend du produit, de la zone traitée, de la technique et du patient.
La mobilité de la zone, la quantité injectée et les caractéristiques du produit peuvent notamment modifier la durée d’un acide hyaluronique. Les traitements qui stimulent la synthèse de collagène ont une évolution différente de celle d’un produit de comblement.
Il est également utile de demander comment le résultat évolue avec le temps : l’effet disparaît-il progressivement, faut-il prévoir des séances d’entretien et à quel moment une nouvelle séance peut-elle être envisagée.
Il faut connaître la durée des suites visibles avant de programmer un traitement. Après une injection d’acide hyaluronique, le gonflement dure généralement quelques jours, mais peut persister jusqu’à une semaine, notamment au niveau des lèvres. Une ecchymose peut rester visible 7 à 10 jours. Après une injection de toxine botulique, les petites rougeurs ou papules aux points d’injection disparaissent le plus souvent en quelques heures ; une ecchymose peut toutefois persister plusieurs jours.
Après un peeling superficiel, une rougeur et une légère desquamation peuvent durer 2 à 5 jours selon le produit utilisé. Après un peeling moyen, la desquamation et les rougeurs sont plus importantes et il faut généralement prévoir 5 à 10 jours d’éviction sociale.
Après un laser ablatif fractionné, les rougeurs, l’œdème et les petites croûtes sont surtout visibles pendant 5 à 10 jours. Une rougeur résiduelle peut persister plus longtemps, parfois plusieurs semaines selon l’intensité du traitement et la réaction de la peau.
Ces délais doivent être discutés avant la séance, notamment lorsqu’un traitement est prévu avant un événement, un voyage ou des vacances au soleil.
Les précautions doivent être adaptées à l’acte réalisé et au patient.
Selon le traitement, elles peuvent concerner l’exposition solaire, le sport, le sauna et le hammam, le maquillage, les massages du visage ou l’utilisation de rétinol et d’acides exfoliants.
Après un peeling ou un laser, la protection solaire et les soins de la peau sont particulièrement importants. Après une injection, les recommandations concernent davantage les manipulations de la zone traitée et les réactions locales.
Il faut demander les consignes précises avant la séance, et non une fois le traitement réalisé.
Le patient doit connaître le coût du protocole complet, pas uniquement le prix d’une seringue ou d’une séance.
Il faut savoir combien de seringues ou de séances sont prévues, si une consultation de contrôle est incluse et si un entretien sera nécessaire.
Lorsque plusieurs options sont possibles, leur coût global peut également faire partie des éléments permettant de choisir le traitement.
La possibilité de corriger un résultat dépend du traitement utilisé.
L’acide hyaluronique peut, dans certaines situations, être dissous par la hyaluronidase. Le résultat obtenu avec la toxine botulique ne peut pas être supprimée immédiatement : son effet diminue progressivement avec le temps. Un laser ou un peeling provoque une modification des tissus qui n’est pas « annulable ».
Il faut donc connaître les possibilités de correction avant le traitement.
Tous les traitements antérieurs, notamment ceux réalisés dans la zone, doivent être signalés, même lorsqu’ils ont été effectués plusieurs années auparavant.
Pour une ancienne injection, il est utile de connaître le nom du produit, la date, la quantité et la zone injectée. Une ancienne chirurgie ou une complication lors d’un traitement doivent également être mentionnés.
Ces informations peuvent modifier le choix du produit, le plan d’injection ou l’indication d’un nouveau traitement.
Avant un acte de médecine esthétique, le patient doit connaître l’indication exacte, le résultat réaliste, les alternatives, les risques, les contre-indications, les suites, le nombre de séances et le coût total.
La consultation doit également permettre de vérifier que le traitement demandé correspond réellement au problème observé. Dans certains cas, modifier le traitement envisagé, le reporter ou ne pas traiter est préférable.
Une première consultation permet ainsi d’établir un traitement adapté à l’anatomie du visage, aux antécédents médicaux et au résultat recherché, avant toute décision de réaliser un acte.
Article written by Dr Romano Valeria
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