LES EFFETS SECONDAIRES DE L’ACIDE HYALURONIQUE

Acide hyaluronique : un effet secondaire retardé fait le buzz

hyaluronic acid est aujourd’hui l’un des produits les plus utilisés en médecine à visée esthétique. Ses propriétés hydratantes et volumatrices, sa biocompatibilité et son caractère résorbable en font un outil de choix pour corriger wrinkles , creux, pertes de volume du face ou pour réaliser des techniques de medical facelift. Pourtant, malgré un excellent profil de sécurité, certains cas isolés viennent rappeler que toute procédure esthétique, même a priori bénigne, comporte un risque, aussi faible soit-il. C’est ce qu’illustre le témoignage récent de Cécilia Pascal, ancienne candidate de l’émission The Voice, dont le visage s’est brutalement gonflé un an après des injections d’acide hyaluronique.

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Un épisode viral qui relance le débat sur la sécurité des injections

Sur les réseaux sociaux, le récit de Cécilia Pascal a rapidement enflammé les discussions. La jeune femme raconte s’être réveillée un matin avec un visage tuméfié, douloureux et rouge, au niveau des zones qui avaient reçu des injections d’acide hyaluronique – le nose and lips – alors que ces injections remontaient à plus d’un an. L’influenceuse explique avoir ressenti un gonflement soudain, sans signe avant-coureur, la contraignant à consulter en urgence son chirurgien esthétique. Ce dernier, incapable d’identifier avec certitude la cause de la réaction, a évoqué plusieurs pistes : une infection localisée, une réaction allergique, le stress ou encore le Covid-19 qu’elle avait contracté dix jours auparavant.
Ce type d’épisode survient rarement, mais il suscite une forte attention médiatique, d’autant qu’il intervient dans un contexte où les complications esthétiques sont largement relayées en ligne. Après l’affaire de l’instagrammeuse Luna Skye, victime d’une grave infection à la suite d’injections dans les buttocks, ou encore le cas du mannequin Eva Evangelista poursuivant son chirurgien après une Cryolipolysis ratée, ces histoires spectaculaires alimentent la méfiance et relancent le débat sur la régulation et la transparence en médecine à visée esthétique.

Les effets secondaires de l’acide hyaluronique

L’acide hyaluronique est une molécule naturellement présente dans le derme et dans de nombreux tissus du corps humain. Utilisé sous forme injectable, il sert à restaurer les volumes, hydrater la peau en profondeur ou remodeler certains traits du visage. En raison de sa nature biocompatible, il est généralement bien toléré, et les réactions indésirables sont rares et le plus souvent bénignes : ecchymoses, rougeurs ou gonflement passager.
Les réactions tardives, survenant plusieurs mois après l’injection, sont quant à elles exceptionnelles. Dans la majorité des cas, le produit injecté est progressivement dégradé par l’organisme en six à douze mois, selon son degré de réticulation (c’est-à-dire sa densité et sa résistance à la dégradation enzymatique). Néanmoins, il est désormais admis que certaines formes d’acide hyaluronique plus fortement réticulées peuvent persister plus longtemps, parfois plus d’un an, voire davantage, notamment au niveau de zones peu vascularisées.
Dans ces rares situations, une réaction inflammatoire peut se déclencher tardivement autour du produit résiduel, provoquant un gonflement, une rougeur, une sensation de chaleur et parfois une douleur localisée. Ces manifestations sont le signe d’une réaction immunitaire, d’une infection retardée ou d’une stimulation inflammatoire liée à un événement systémique (infection virale, stress intense, déséquilibre immunitaire).

Les hypothèses possibles dans le cas de Cécilia Pascal

Le chirurgien de la jeune femme, interrogé par plusieurs médias, n’a pas identifié de cause unique. Plusieurs explications scientifiques sont envisageables.
Une réaction immunitaire retardée : certaines études ont montré que le système immunitaire pouvait reconnaître tardivement l’acide hyaluronique comme un corps étranger, notamment en présence d’un adjuvant déclencheur tel qu’un virus ou une infection. Dans ce cas, les macrophages et cytokines provoquent un œdème localisé.
Une infection bactérienne dormante : bien que rarissime, il arrive qu’une bactérie présente dans la flore cutanée s’introduise lors de l’injection et reste à l’état latent. Un événement comme une fièvre ou une baisse de l’immunité peut la réactiver, entraînant un gonflement local.
Une interaction avec le Covid-19 : depuis la pandémie, plusieurs cas de réactions inflammatoires tardives après injection d’acide hyaluronique ont été rapportés à la suite d’une infection à SARS-CoV-2 ou d’une vaccination. Le mécanisme exact reste débattu, mais l’inflammation systémique pourrait réactiver une zone sensibilisée par une injection.
Le stress et les modifications hormonales : bien que ces facteurs ne provoquent pas directement d’œdème, ils peuvent moduler la réponse immunitaire et favoriser une réaction déjà existante.
Ces hypothèses ne s’excluent pas mutuellement. Le caractère imprévisible de ces réactions explique pourquoi elles restent un sujet d’observation et d’étude dans les sociétés savantes de médecine à visée esthétique.

Un traitement rapide et efficace

Heureusement, dans le cas de Cécilia Pascal, la réaction s’est révélée transitoire. La prise de corticoïdes a permis de réduire l’inflammation et le gonflement en trois jours. Ce type de traitement vise à calmer la réponse immunitaire et à rétablir l’équilibre local des tissus. Dans les cas où la réaction persiste ou s’accompagne de signes infectieux, d’autres options peuvent être envisagées, comme l’administration d’antibiotiques.
Le suivi médical est essentiel, car une inflammation non traitée pourrait, dans de rares cas, laisser place à une fibrose ou à la formation de nodules. L’expérience rappelle qu’il est crucial, même longtemps après une injection, de consulter son médecin en cas de modification inhabituelle de la zone traitée.

Quels sont les effets négatifs de l'acide hyaluronique ?

Les complications retardées liées à l’acide hyaluronique sont extrêmement rares. Les études estiment leur fréquence à moins de 0,01 % des injections réalisées. Cependant, à l’ère des réseaux sociaux, la moindre anomalie, surtout lorsqu’elle touche une personnalité publique, bénéficie d’une visibilité considérable. Ce décalage entre la fréquence réelle et la perception du risque entretient un climat de méfiance, parfois injustifié, vis-à-vis des actes esthétiques.
Il est important de rappeler que la majorité des incidents surviennent dans un contexte d’injection réalisée sans encadrement médical strict ou avec des produits de qualité incertaine. En cabinet médical, sous la supervision d’un médecin expérimenté, les risques sont extrêmement faibles. La traçabilité du produit, le respect des règles d’asepsie et la connaissance des plans anatomiques garantissent une sécurité optimale.

Les dangers de l'acide hyaluronique : ce qu'il faut savoir

L’affaire Cécilia Pascal rappelle que, même avec un produit reconnu pour sa sécurité, le risque zéro n’existe pas. Le rôle du médecin ne se limite pas à l’injection : il consiste à informer, à prévenir et à assurer un suivi rigoureux. L’acide hyaluronique reste un outil précieux lorsqu’il est utilisé avec discernement et dans le respect des protocoles médicaux.
La médiatisation de ces cas doit avant tout encourager une meilleure pédagogie auprès du public. Comprendre les mécanismes des produits, connaître les limites des procédures et choisir un médecin expérimenté sont les clés d’un acte sécuritaire.

L’acide hyaluronique est-il vraiment bon pour la peau ?

Ce nouvel épisode rappelle que chaque traitement implique un équilibre subtil entre le bénéfice esthétique recherché et le respect des mécanismes biologiques du corps. L’acide hyaluronique, par sa souplesse d’utilisation et ses effets naturels, est un allié essentiel de la restauration du visage. Mais il doit toujours être injecté dans un cadre médical rigoureux, avec une compréhension claire de son comportement dans le temps.
La réaction observée chez Cécilia Pascal, aussi spectaculaire qu’exceptionnelle, ne remet pas en cause la sécurité de ce produit. Elle rappelle simplement qu’en médecine, même la molécule la plus sûre peut provoquer une réponse inattendue. Dans un monde où l’esthétique devient omniprésente, ces rappels à la prudence et à la mesure sont, eux aussi, salutaires.

Photo of doctor Valeria Romano in Geneva

Article written by Dr Romano Valeria

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