Le vieillissement du visage est un phénomène complexe, où chaque structure anatomique – peau, muscles, graisse, os – subit des transformations progressives. Parmi ces changements, l’évolution des lips est souvent sous-estimée, bien qu’elle joue un rôle majeur dans l’expression, l’équilibre du visage et la perception de la jeunesse. Des chercheurs ont récemment apporté un éclairage précis sur ce processus. Une étude menée pendant plus de sept ans par une équipe de chirurgiens plasticiens, sous la direction du Dr Patrick L. Tonnard, a analysé la transformation des lèvres avec l’âge. Publiée dans la revue Plastic and Reconstructive Surgery, cette recherche met en évidence les modifications anatomiques objectives observées entre des sujets jeunes et âgés, apportant des données précieuses pour les médecins.
Les lèvres occupent une place centrale dans l’harmonie du visage. Leur volume, leur forme et leur position influencent directement l’expression, le sourire et la sensualité. Dans un visage jeune, la lèvre supérieure est courte, charnue et bien ourlée. Elle laisse entrevoir légèrement les dents lors du sourire, ce qui contribue à l’impression de vitalité. Avec l’âge, cette architecture se modifie : la lèvre s’allonge, perd sa projection, s’affine, et le sourire devient plus discret. Ces changements, souvent subtils, participent à l’apparition d’un aspect fatigué ou sévère.
L’étude dirigée par le Dr Tonnard confirme scientifiquement ce que les médecins observent depuis longtemps en consultation : les lèvres vieillissent selon des mécanismes précis, mesurables et prévisibles. Comprendre ces transformations permet de mieux orienter les stratégies de rajeunissement, en respectant les proportions naturelles du visage.
Entre 2010 et 2017, les chercheurs ont mené une étude rigoureuse auprès de deux groupes de volontaires : cent femmes et cent hommes répartis en deux tranches d’âge distinctes, de 20 à 30 ans et de 65 à 80 ans. L’objectif était d’observer les différences morphologiques des lèvres à plusieurs décennies d’intervalle, grâce à des mesures précises et à l’imagerie par résonance magnétique (IRM).
Les résultats ont montré que la longueur de la lèvre supérieure augmentait avec l’âge de manière significative : de 19 % chez les femmes et de 18 % chez les hommes. Parallèlement, son épaisseur diminuait, avec une perte de volume estimée à 41 % chez les femmes et 33 % chez les hommes. Ces données chiffrées confirment que le vieillissement de la lèvre supérieure s’accompagne d’un allongement et d’un amincissement, deux phénomènes intimement liés à la transformation des tissus de soutien et à la répartition des volumes du visage.
Les chercheurs ont également noté un amincissement marqué dans la région naso-labiale, c’est-à-dire la zone située entre la base du nez et les bords des lèvres. Cette perte de substance contribue à l’apparition des plis au-dessus de la bouche, souvent appelés rides du code-barres.
Le vieillissement des lèvres ne résulte pas d’un seul facteur, mais de l’interaction progressive de plusieurs mécanismes biologiques et mécaniques.
Avec l’âge, les tissus cutanés perdent en élasticité en raison de la diminution de la quantité de collagène et d’élastine, fibres essentielles à la fermeté de la peau. Les muscles péri-oraux, notamment l’orbiculaire des lèvres, se relâchent et perdent leur tonicité. Parallèlement, les compartiments graisseux situés autour de la bouche s’amenuisent, entraînant une perte de soutien structurel.
Le squelette facial évolue lui aussi : la résorption osseuse du maxillaire supérieur réduit le support de la lèvre, qui paraît plus allongée et plus plate. Ce processus s’accompagne d’une modification des proportions entre la hauteur du philtrum (la zone située entre le nez et la lèvre supérieure) et la hauteur visible de la lèvre rouge. La lèvre semble alors s’éloigner du nez et couvrir davantage les dents, ce qui modifie le sourire.
Enfin, les mouvements répétés liés à la parole, à l’alimentation et aux expressions quotidiennes provoquent, sur le long terme, des microtraumatismes qui fragilisent la peau fine des lèvres et accélérent leur affinement.
L’étude a également mis en évidence des différences de vieillissement entre les sexes. Chez les femmes, la perte de volume est plus marquée, notamment au niveau de la lèvre supérieure. Cela s’explique par une peau naturellement plus fine, une moindre densité de collagène et des variations hormonales importantes après la ménopause. Chez les hommes, le processus est plus lent, mais l’allongement de la lèvre est comparable en proportion.
Ces distinctions soulignent l’importance d’une approche personnalisée dans les traitements de rajeunissement des lèvres. Les proportions, la structure musculaire et les attentes esthétiques diffèrent selon le sexe et doivent être respectées pour conserver l’harmonie et la naturalité du visage.
L’allongement de la lèvre supérieure et la perte de volume s’accompagnent d’une série de modifications perceptibles : le philtrum s’allonge, ce qui réduit la distance visible entre le nez et la lèvre rouge ; la lèvre rouge s’affine et perd son ourlet naturel et sa courbure caractéristique ; les commissures s’abaissent, donnant au visage une expression triste ou fatiguée ; le sourire se modifie, les dents supérieures deviennent moins visibles.
Ces changements participent à une altération de la dynamique du tiers inférieur du visage. Ils modifient non seulement l’esthétique, mais aussi la perception émotionnelle du visage, qui semble moins vivant et plus sévère.
La médecine à visée esthétique à Genève accorde une place centrale à la restauration de l’équilibre naturel du visage. Le traitement des lèvres vieillissantes ne consiste pas à “gonfler” artificiellement, mais à restituer les proportions perdues avec précision et subtilité.
L’analyse morphologique est la première étape : il s’agit de comprendre les particularités anatomiques du patient, la longueur du philtrum, la hauteur visible de la lèvre rouge, la symétrie et la dynamique du sourire.
Les traitements reposent ensuite sur plusieurs approches complémentaires. Les injections d’hyaluronic acid permettent de redéfinir les contours, de restaurer le volume perdu et de réhydrater la muqueuse labiale. Le choix du produit, sa concentration et la technique d’injection sont déterminants pour obtenir un résultat naturel, sans excès de projection.
Le docteur Romano souvent associe aux injections des techniques de stimulation de la synthèse de collagène (medium peels, lasers fractionnés or laser photorejuvenation), afin d’améliorer la qualité et la densité cutanée autour des lèvres.
Enfin, pour des affaissements plus prononcés, la chirurgie esthétique peut être envisagée. Cette intervention, lorsqu’elle est indiquée, redonne au sourire une apparence plus jeune et dynamique.
Bien que le vieillissement soit inévitable, certaines mesures préventives permettent d’en atténuer les effets. La protection solaire quotidienne est essentielle, car la peau des lèvres est particulièrement sensible aux rayonnements UV, responsables de la dégradation du collagène.
L’hydratation régulière, l’arrêt du tabac et la limitation des mimiques répétitives contribuent à préserver la tonicité et la souplesse des tissus. Les soins topiques à base de rétinoïdes, d’acides aminés et de peptides peuvent stimuler la régénération cellulaire et renforcer la structure dermique.
L’étude du Dr Tonnard apporte une base scientifique solide à la compréhension du vieillissement des lèvres. En objectivant les changements anatomiques par des mesures précises, elle permet aux médecins d’adapter leurs protocoles avec rigueur et discernement.
Le rajeunissement des lèvres ne doit pas être perçu comme une transformation artificielle, mais comme une restauration des volumes et des proportions physiologiques. Chaque intervention, qu’elle soit réalisée par acide hyaluronique ou technique régénérative, vise à restituer l’équilibre du tiers inférieur du visage, dans le respect des caractéristiques naturelles de chaque patient.
Cette approche, fondée sur la science et la précision, s’inscrit pleinement dans la philosophie de la médecine esthétique à Genève : des soins personnalisés, sûrs et mesurés, pour un résultat élégant et harmonieux.
La recherche scientifique apporte ici un éclairage déterminant sur un aspect souvent négligé du vieillissement du visage. En démontrant que la lèvre supérieure s’allonge et s’amincit avec le temps, et en quantifiant précisément ces changements, le Dr Patrick L. Tonnard et son équipe permettent aux médecins de mieux cibler leurs interventions.
Dans le cadre d’une prise en charge médicale à visée esthétique, cette connaissance approfondie de la physiologie labiale constitue un atout majeur. Elle permet d’élaborer des traitements précis, adaptés à chaque morphologie, tout en préservant l’authenticité de l’expression.
À Genève, la médecine esthétique s’appuie sur ces données scientifiques pour proposer une approche raisonnée du rajeunissement du visage. Redonner de la fraîcheur à un sourire, restaurer l’équilibre du bas du visage, retrouver la dynamique naturelle des lèvres : autant d’objectifs qui, aujourd’hui, peuvent être atteints grâce à une compréhension fine des mécanismes du vieillissement et à des techniques médicales toujours plus maîtrisées.
Article written by Dr Romano Valeria
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