Pourquoi le laser vaginal n’est-il pas systématique après un accouchement ?
Le vagin et le périnée se modifient naturellement après un accouchement et une partie de ces changements s’améliore spontanément au cours du post-partum.
Après un accouchement par voie vaginale, les tissus ont été distendus et peuvent être sensibles ou œdématiés. Une déchirure ou une épisiotomie nécessite également un temps de cicatrisation.
Le plancher pelvien peut avoir été étiré pendant la grossesse et l’accouchement. Sa récupération se poursuit après la naissance et ne dépend pas uniquement de l’état de la muqueuse vaginale.
Réaliser un laser simplement parce qu’une femme vient d’accoucher n’a donc pas de justification : il faut d’abord savoir si une gêne persiste et quelle structure en est responsable.
Quand peut-on envisager un laser vaginal après un accouchement ?
Un laser vaginal peut être envisagé après la fin de la cicatrisation post-partum, uniquement si un symptôme persiste et qu’une indication précise a été identifiée.
Les saignements post-partum doivent être terminés et les éventuelles déchirures, sutures ou cicatrices d’épisiotomie complètement cicatrisées. Une infection, une douleur inexpliquée ou une complication liée à l’accouchement doit également être écartée avant le traitement.
Il n’existe pas de délai unique après l’accouchement pour réaliser un laser vaginal. Le moment du traitement dépend du mode d’accouchement, de la cicatrisation, de l’allaitement et surtout de la nature du symptôme à traiter.
Si une sécheresse, une douleur, une sensation de relâchement ou une autre gêne persiste après la récupération post-partum, sa cause doit d’abord être recherchée. Le laser ne doit pas être programmé systématiquement après un accouchement.
Le laser vaginal peut-il traiter la sécheresse après l’accouchement ?
Une sécheresse vaginale peut survenir après l’accouchement, particulièrement pendant l’allaitement, mais elle ne justifie pas automatiquement une séance laser.
Pendant l’allaitement, le taux d’œstrogènes peut rester bas. La muqueuse vaginale peut alors être plus sèche et les rapports devenir inconfortables ou douloureux.
Cette situation peut être transitoire et évoluer avec les modifications hormonales et la diminution ou l’arrêt de l’allaitement.
Des lubrifiants ou des hydratants vaginaux peuvent notamment être utilisés selon la situation. Si les symptômes sont importants ou persistent, la consultation médicale permet de rechercher une autre cause et de discuter les traitements adaptés.
Une sécheresse post-partum ne doit donc pas conduire systématiquement à un traitement par laser.
Le laser vaginal peut-il corriger une sensation de relâchement après un accouchement ?
Le laser peut être discuté pour certaines sensations de laxité vaginale, mais il ne permet pas de corriger une faiblesse musculaire importante du plancher pelvien ni un prolapsus.
Après un accouchement, une sensation de vagin plus large peut être liée aux tissus vaginaux, aux muscles du périnée ou aux deux.
Si le problème est principalement musculaire, la rééducation périnéale est plus adaptée au mécanisme en cause.
En présence d’un prolapsus, c’est-à-dire d’une descente d’un organe pelvien vers le vagin, le laser ne remet pas l’organe en place.
Les données scientifiques sur l’efficacité des lasers pour la laxité vaginale restent par ailleurs insuffisantes pour recommander leur utilisation systématique.
Le laser vaginal peut-il traiter les fuites urinaires après un accouchement ?
Le laser n’est pas un traitement de première intention des fuites urinaires apparues après un accouchement.
La grossesse et l’accouchement peuvent affaiblir le plancher pelvien et favoriser une incontinence urinaire d’effort, avec des fuites lors de la toux, des éternuements, de la course ou des sauts.
Dans cette situation, la rééducation des muscles du plancher pelvien constitue le traitement conservateur de première intention.
Le laser vaginal a été étudié pour l’incontinence urinaire d’effort, mais les preuves disponibles restent insuffisantes pour le recommander comme traitement courant.
Faut-il attendre la fin de l’allaitement avant un laser vaginal ?
L’allaitement peut modifier temporairement l’état de la muqueuse vaginale et doit être pris en compte avant de décider d’un traitement.
La diminution des œstrogènes associée à l’allaitement peut provoquer une sécheresse et une fragilité de la muqueuse. Ces symptômes peuvent évoluer lorsque les tétées diminuent puis après l’arrêt de l’allaitement.
Cela ne signifie pas qu’une femme qui allaite doit systématiquement attendre le sevrage pour la prise en charge de ses symptômes. Mais, il faut tenir compte du caractère potentiellement transitoire de ces modifications hormonales avant d’envisager un traitement par laser.
Le laser peut-il être réalisé après une césarienne ?
Oui, un laser vaginal peut être réalisé après une césarienne si une indication précise est présente. Le fait d’avoir accouché par césarienne ne constitue pas une contre-indication au traitement.
La césarienne évite le passage du bébé par le vagin, mais elle n’empêche pas l’apparition de certains symptômes intimes après l’accouchement. Une sécheresse vaginale peut notamment survenir pendant l’allaitement en raison de la diminution des œstrogènes.
Le laser n’est cependant pas indiqué simplement parce qu’une femme a accouché. Après une césarienne, comme après un accouchement par voie basse, il n’est envisagé que si un symptôme persiste et si le laser constitue un traitement adapté à sa cause.
Articolo scritto dalla Dott.ssa Romano Valeria
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