La toxine botulique est un produit phare en médecine esthétique. Son utilisation pour atténuer certaines rides d’expression et traiter l’hyperhidrose axillaire primaire est bien documentée. Cependant, l’essor d’injections clandestines réalisées par des personnes non qualifiées pose un problème de santé publique.
À Genève, comme dans d’autres grandes villes, de nombreux patients recherchent des traitements esthétiques accessibles, ce qui les expose parfois à des pratiques illégales. Or, les complications peuvent être sévères, notamment lorsque la toxine botulique est injectée dans certaines zones comme le cou et la ligne mandibulaire. Dans cet article, nous mettons en lumière les risques majeurs associés à ces pratiques, en insistant sur les effets secondaires qui peuvent altérer la voix, la déglutition et la respiration, voire nécessiter le port d’une minerve.
La toxine botulique est une neurotoxine qui bloque temporairement la libération d’acétylcholine, un neurotransmetteur responsable de la contraction musculaire. Lorsqu’elle est injectée correctement par un médecin formé et expérimenté, elle permet de détendre des muscles spécifiques et d’obtenir des résultats harmonieux et sécurisés.
Cependant, la diffusion incontrôlée de la toxine dans des muscles adjacents, ou une injection sans respect des indications, peut provoquer des effets secondaires graves, en particulier lorsque les injections sont réalisées par des non-professionnels.
La toxine botulique est utilisée en médecine pour diverses indications :
Toutefois, une injection mal réalisée (dose ou localisation) peut provoquer des effets secondaires très graves.
Contrairement aux injections réalisées en cabinet médical par un médecin, les injections clandestines présentent plusieurs dangers :
Les injections de toxine botulique dans le cou et la ligne mandibulaire nécessitent une précision extrême en raison de la complexité anatomique de ces zones. Mal réalisées, elles peuvent entraîner des complications sérieuses, affectant des fonctions essentielles comme la voix, la déglutition ou la respiration. Il est donc crucial de comprendre les risques associés à ces interventions délicates.
D’ailleurs dans cette zone l’unique indication autorisée est l’amélioration temporaire de la visibilité, modérée à sévère, du platysma visible lors d’une contraction maximale et lorsque sa sévérité entraîne un retentissement psychologique important chez les patients adultes.
Les injections peuvent affecter les muscles laryngés et causer :
Des études ont montré que la dysphonie peut survenir chez jusqu’à 24% des patients ayant reçu une injection mal réalisée au niveau du cou.
Lorsque la toxine botulique diffuse aux muscles responsables de la déglutition (muscles pharyngés et œsophagiens), elle peut provoquer :
Dans certains cas, ces troubles persistent plusieurs mois, rendant la vie quotidienne très difficile.
Les injections peuvent affecter les muscles laryngés, entraînant :
Des études ont montré que la dysphonie peut survenir chez jusqu’à 24% des patients ayant reçu une injection mal réalisée au niveau du cou.
L’injection de toxine botulique peut engendrer une hypotonie musculaire au niveau du cou, rendant impossible le soutien de la tête. Cela entraîne :
Ce type de complication est particulièrement invalidant et peut durer plusieurs mois.
Pour minimiser les risques liés aux injections de toxine botulique certaines précautions sont essentielles. Le choix du médecin, la qualité des produits utilisés et le respect des bonnes pratiques médicales sont des facteurs déterminants pour garantir des résultats sûrs et harmonieux. Voici les conseils clés pour éviter ces complications.
Pour garantir la sécurité des injections de toxine botulique, il est essentiel de consulter un médecin expérimenté, inscrit à l’ordre des médecins. Un médecin qualifié, expérimenté et formé aux injections de toxine botulique : utilise des produits officiels et traçables, maîtrise parfaitement l’anatomie faciale et cervicale, évalue les contre-indications et adapte les doses en fonction du patient, assure un suivi médical rigoureux en cas d’effet secondaire, respecte les indications.
Les patients peuvent s’assurer (en demandant l’étiquette du produit) que le produit utilisé provient de laboratoires agréés et qu’il n’est ni contrefait, ni périmé.
Les injections de toxine botulique à des prix excessivement bas doivent alerter. Un traitement médical de qualité a un coût qui reflète la compétence du médecin et le prix du produit.
Les injections de toxine botulique offrent d’excellents résultats lorsqu’elles sont réalisées par des médecins formés. Cependant, la multiplication des pratiques clandestines expose les patients à des risques majeurs et à des complications qui peuvent être particulièrement sévères.
À Genève, il est impératif de choisir un médecin formé, qualifié et expérimenté pour garantir des résultats esthétiques harmonieux tout en évitant des effets secondaires invalidants voire mortels. Les troubles de la voix, de la déglutition, de la respiration, ou encore la nécessité de porter une minerve, ne sont pas des conséquences anodines. Une injection ratée peut avoir des répercussions durables sur la qualité de vie.
Avant toute intervention, il est donc essentiel de bien s’informer et de privilégier une approche sécurisée et médicale.
Article rédigé par le Dr Romano Valeria
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