Les cernes constituent l’un des motifs de consultation les plus fréquents en médecine esthétique du visage. Ils donnent souvent un aspect fatigué, triste ou vieilli, parfois en décalage complet avec l’état de santé ou le ressenti intérieur du patient. Pourtant, le terme « cernes » regroupe des réalités anatomiques très différentes, ce qui explique pourquoi les traitements efficaces varient considérablement d’une personne à l’autre. Faut-il traiter les cernes par la médecine esthétique ou faut-il envisager un acte de chirurgie esthétique ? Il n’existe pas de réponse universelle. Le choix du traitement dépend avant tout du type de cernes, de leur origine, de l’anatomie du visage et des attentes du patient.
Plusieurs situations distinctes peuvent être identifiées :
Le choix du traitement dépend directement de cette analyse diagnostique. Un cerne creux ne se corrige pas selon les mêmes modalités qu’une poche, et un excès cutané ne se traite pas comme une simple coloration. Une évaluation précise est donc indispensable pour proposer une prise en charge adaptée et cohérente.
Les actes de médecine esthétique représentent le plus souvent une approche initiale adaptée, notamment lorsque l’une des situations suivantes est prédominante :
Ces approches présentent l’avantage d’être progressives, ajustables et réversibles. Elles exigent toutefois une excellente connaissance de l’anatomie de la zone orbitaire et une sélection rigoureuse des patients, en particulier pour les injections d’acide hyaluronique, cette zone étant délicate et à risque de correction excessive.
La chirurgie esthétique, en particulier la blépharoplastie inférieure, est indiquée lorsque la gêne est principalement liée :
La blépharoplastie permet, selon les indications, de retirer ou repositionner l’excès de graisse responsable des poches ; retendre modérément la peau et redéfinir le contour de la paupière ; associer, dans certains cas, un geste complémentaire sur le muscle ou le canthus externe afin d’assurer une meilleure stabilité palpébrale.
Il s’agit d’un acte plus invasif, réalisé au bloc opératoire, impliquant des suites postopératoires plus longues mais offrant un résultat durable. Cette intervention n’est pas indiquée pour les cernes légers, mais pour les véritables poches ou les excès cutanés.
La prise en charge se détermine toujours au cas par cas, à l’issue d’une consultation personnalisée.
Lorsque le cerne est principalement creusé, chez un patient jeune ou d’âge intermédiaire, sans présence notable de poches, la médecine esthétique constitue le plus souvent l’option de première intention. Elle repose notamment sur des injections d’acide hyaluronique spécifiquement adaptées à cette zone délicate, associées à des soins visant à améliorer la qualité cutanée.
Si l’atteinte combine un creux modéré, une discrète altération de la tonicité de la peau et une légère coloration, une stratégie thérapeutique globale peut être envisagée. Celle-ci associe alors soins locaux, techniques dermato-esthétiques telles que peelings ou lasers, ainsi que des traitements de type mésothérapie.
En revanche, lorsque les poches prédominent — en particulier chez des patients plus âgés ou présentant une prédisposition familiale marquée — la chirurgie s’impose souvent comme la solution la plus cohérente et la plus durable.
Dans de nombreuses situations, l’approche optimale repose sur une combinaison des deux disciplines : la chirurgie permet de corriger les anomalies structurelles (poches, excès cutané), tandis que la médecine esthétique vient parfaire le résultat en améliorant la qualité de la peau, la continuité entre la paupière et la joue et en comblant de manière très subtile un creux résiduel.
Article rédigé par le Dr Romano Valeria
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