COMBLEMENT DES CERNES : QUELLE TECHNIQUE CHOISIR ?

Quel traitement pour les cernes : médecine ou chirurgie esthétique ?

Les cernes constituent l’un des motifs de consultation les plus fréquents en médecine esthétique du visage. Ils donnent souvent un aspect fatigué, triste ou vieilli, parfois en décalage complet avec l’état de santé ou le ressenti intérieur du patient. Pourtant, le terme « cernes » regroupe des réalités anatomiques très différentes, ce qui explique pourquoi les traitements efficaces varient considérablement d’une personne à l’autre. Faut-il traiter les cernes par la médecine esthétique ou faut-il envisager un acte de chirurgie esthétique ? Il n’existe pas de réponse universelle. Le choix du traitement dépend avant tout du type de cernes, de leur origine, de l’anatomie du visage et des attentes du patient.

Sommaire

Qu'est-ce que le cerne ?

Plusieurs situations distinctes peuvent être identifiées :

  • Le cerne creux : il correspond à une dépression plus ou moins marquée entre la paupière inférieure et la joue, qui crée une ombre persistante, responsable d’un aspect fatigué ou prématurément vieilli.
  • Le cerne coloré (pigmenté ou vasculaire) : il se caractérise par une teinte brunâtre, violacée ou bleutée de la peau. Il est fréquemment lié à la finesse cutanée, à la visibilité du réseau vasculaire, ainsi qu’à des facteurs génétiques ou pigmentaires.
  • Les poches sous les yeux : il s’agit d’un relief dû à la protrusion des compartiments graisseux de la paupière inférieure, parfois associé à un excès de peau.
  • Les formes mixtes : dans de nombreux cas, plusieurs mécanismes coexistent, associant par exemple creux, poches et coloration.

Le choix du traitement dépend directement de cette analyse diagnostique. Un cerne creux ne se corrige pas selon les mêmes modalités qu’une poche, et un excès cutané ne se traite pas comme une simple coloration. Une évaluation précise est donc indispensable pour proposer une prise en charge adaptée et cohérente.

Médecine esthétique : quand est-elle suffisante ?

Les actes de médecine esthétique représentent le plus souvent une approche initiale adaptée, notamment lorsque l’une des situations suivantes est prédominante :

  • Le creux est le problème principal : les injections d’acide hyaluronique, réalisées par des médecins expérimentés, comblent le creux du cerne et éventuellement celui de la vallée des larmes. Elles ne conviennent toutefois pas à tous les profils — notamment en cas de peau très fine ou de poches importantes — mais, lorsque l’indication est bien posée, elles adoucissent l’expression fatiguée sans modifier l’expressivité du regard.
  • La peau déshydratée, fine ou froissée est le problème principal : la mésothérapie, ainsi que certains peelings doux ou lasers non agressifs, peuvent améliorer la qualité, l’éclat et la qualité de la peau de la paupière inférieure, contribuant ainsi à réduire l’aspect fatigué du regard.
  • La coloration est prédominante : selon l’origine du cerne, des soins topiques ciblés, des peelings spécifiques ou des lasers, pour certaines indications, peuvent être proposés. Il convient néanmoins de préciser que les cernes pigmentaires foncés sont parfois difficiles à faire disparaître complètement.

Ces approches présentent l’avantage d’être progressives, ajustables et réversibles. Elles exigent toutefois une excellente connaissance de l’anatomie de la zone orbitaire et une sélection rigoureuse des patients, en particulier pour les injections d’acide hyaluronique, cette zone étant délicate et à risque de correction excessive.

Chirurgie esthétique : dans quels cas la privilégier ?

La chirurgie esthétique, en particulier la blépharoplastie inférieure, est indiquée lorsque la gêne est principalement liée :

  • à des poches graisseuses nettement visibles, présentes même au repos, ne s’atténuant ni avec le repos ni avec les soins locaux ;
  • à un excès cutané de la paupière inférieure, se traduisant par une peau très fripée, des rides profondes, lorsqu’un peeling moyen ne peut pas être réalisé ou ne serait pas suffisant pour traiter l’inesthétisme ;
  • à un relâchement marqué de la paupière inférieure, qui ne peut plus être corrigé par des injections ou des traitements superficiels.

La blépharoplastie permet, selon les indications, de retirer ou repositionner l’excès de graisse responsable des poches ; retendre modérément la peau et redéfinir le contour de la paupière ; associer, dans certains cas, un geste complémentaire sur le muscle ou le canthus externe afin d’assurer une meilleure stabilité palpébrale.
Il s’agit d’un acte plus invasif, réalisé au bloc opératoire, impliquant des suites postopératoires plus longues mais offrant un résultat durable. Cette intervention n’est pas indiquée pour les cernes légers, mais pour les véritables poches ou les excès cutanés.

Médecine ou chirurgie : comment orienter le choix ?

La prise en charge se détermine toujours au cas par cas, à l’issue d’une consultation personnalisée.
Lorsque le cerne est principalement creusé, chez un patient jeune ou d’âge intermédiaire, sans présence notable de poches, la médecine esthétique constitue le plus souvent l’option de première intention. Elle repose notamment sur des injections d’acide hyaluronique spécifiquement adaptées à cette zone délicate, associées à des soins visant à améliorer la qualité cutanée.
Si l’atteinte combine un creux modéré, une discrète altération de la tonicité de la peau et une légère coloration, une stratégie thérapeutique globale peut être envisagée. Celle-ci associe alors soins locaux, techniques dermato-esthétiques telles que peelings ou lasers, ainsi que des traitements de type mésothérapie.
En revanche, lorsque les poches prédominent — en particulier chez des patients plus âgés ou présentant une prédisposition familiale marquée — la chirurgie s’impose souvent comme la solution la plus cohérente et la plus durable.
Dans de nombreuses situations, l’approche optimale repose sur une combinaison des deux disciplines : la chirurgie permet de corriger les anomalies structurelles (poches, excès cutané), tandis que la médecine esthétique vient parfaire le résultat en améliorant la qualité de la peau, la continuité entre la paupière et la joue et en comblant de manière très subtile un creux résiduel.

Photo docteur Valeria Romano à Genève

Article rédigé par le Dr Romano Valeria

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