L’application du sérum est un geste central dans une routine de soins du visage, mais aussi l’un des plus fréquemment mal réalisés. En consultation, il est courant d’observer que des sérums sont mal utilisés, appliqués en trop grande quantité, dans un ordre inadapté ou sur une peau insuffisamment préparée. Ces erreurs réduisent considérablement l’efficacité du produit, voire entraînent inconfort ou réactions cutanées.
Un sérum est un soin hautement concentré, conçu pour agir de manière ciblée sur la qualité de la peau. Son efficacité dépend autant de sa formulation que de la manière dont il est appliqué. Comprendre comment appliquer correctement un sérum permet d’optimiser ses bénéfices, d’améliorer la tolérance cutanée et de s’inscrire dans une démarche de soin cohérente et durable.
Le sérum est un soin cosmétique à forte concentration en actifs, destiné à agir sur des besoins spécifiques de la peau, tels que l’hydratation, l’éclat, la régulation de la production de sébum ou la prévention du vieillissement cutané. Sa texture fluide lui permet de pénétrer rapidement dans l’épiderme et d’agir plus rapidement que certaines crèmes.
Contrairement aux crèmes, le sérum contient peu ou pas d’agents occlusifs. Il n’a donc pas vocation à protéger la peau des agressions extérieures, mais à délivrer des actifs ciblés. C’est pour cette raison qu’il ne doit jamais être utilisé seul dans la majorité des cas, mais intégré dans une routine structurée.
L’application correcte du sérum est essentielle pour garantir une diffusion homogène des actifs et éviter toute altération de la barrière cutanée.
Avant d’appliquer un sérum, la peau doit être correctement préparée. Une peau mal nettoyée ou couverte de résidus empêche la pénétration optimale des actifs et limite l’efficacité du soin.
Le nettoyage doit être réalisé avec un produit doux, respectueux de la barrière cutanée. Une peau agressée ou décapée devient plus perméable, ce qui peut augmenter le risque d’irritation lors de l’application du sérum. À l’inverse, une peau insuffisamment nettoyée limite l’action des actifs.
Après le nettoyage, la peau peut être légèrement humidifiée. Cette étape est particulièrement bénéfique pour les sérums hydratants, car elle favorise l’action des agents humectants et améliore la rétention de l’eau dans la couche cornée.
Le sérum s’applique toujours après le nettoyage et avant la crème. Cette règle est fondamentale. Appliqué après une crème, le sérum ne peut pas pénétrer correctement et perd une grande partie de son efficacité.
Dans une routine complète, l’ordre logique est le suivant : nettoyage, éventuellement lotion ou brume hydratante, sérum, puis crème adaptée au type de peau. En journée, une protection solaire vient compléter la routine.
Respecter cet ordre permet de maximiser l’efficacité de chaque produit et de préserver l’équilibre cutané.
L’une des erreurs les plus fréquentes consiste à appliquer une quantité excessive de sérum. Contrairement aux idées reçues, utiliser davantage de produit n’améliore pas les résultats.
En pratique, quelques gouttes suffisent pour l’ensemble du visage. La quantité exacte dépend de la texture du sérum, mais elle reste toujours modérée. Une application trop généreuse peut entraîner une sensation collante, une mauvaise absorption et, dans certains cas, une irritation cutanée.
Le sérum doit être réparti de manière homogène, sans surcharge, afin de permettre une pénétration optimale des actifs.
Le sérum doit être appliqué par gestes doux, sans frotter la peau. Il est recommandé de déposer le produit au creux des mains, de le réchauffer légèrement, puis de l’appliquer par pressions légères sur l’ensemble du visage.
Cette technique permet une meilleure tolérance, notamment en cas de peau sensible, et limite les frottements excessifs susceptibles d’irriter la peau. Les zones particulièrement sujettes à la déshydratation ou aux ridules peuvent bénéficier d’une attention spécifique et une quantité un peu plus imortante de produit peut être utilisée.
Le massage prolongé n’est pas nécessaire et peut même être contre-productif pour certains sérums contenant des actifs puissants.
Le cou et le décolleté sont des zones souvent négligées, alors qu’elles sont particulièrement exposées au vieillissement cutané. Il est tout à fait pertinent d’y appliquer le sérum, à condition d’adapter la quantité utilisée.
La peau de ces zones étant souvent plus fine et plus sensible, les gestes doivent être encore plus délicats. L’application du sérum sur le cou et le décolleté contribue à améliorer l’hydratation cutanée de ces zones, souvent en décalage avec le visage.
Cette application participe à une prise en charge globale et cohérente du vieillissement cutané.
Après l’application du sérum, il est conseillé d’attendre quelques minutes avant d’appliquer la crème. Ce délai, généralement court, permet au sérum de pénétrer correctement et d’agir au niveau de l’épiderme.
Il n’est pas nécessaire d’attendre plusieurs minutes. Une fois que la peau n’est plus humide ou collante, la crème peut être appliquée. Cette dernière vient compléter l’action du sérum en renforçant la barrière cutanée et en limitant la perte en eau.
Cette étape est essentielle pour stabiliser les bénéfices du sérum sur le long terme.
Le moment d’application du sérum dépend de sa formulation et de ses actifs. Les sérums hydratants peuvent généralement être utilisés matin et soir. Leur action vise à maintenir une hydratation constante et une bonne qualité cutanée.
Certains sérums contenant des actifs plus puissants, comme les rétinoïdes ou certains acides exfoliants, sont réservés à une application nocturne. Leur utilisation diurne peut augmenter la sensibilité de la peau aux rayonnements ultraviolets.
Il est donc essentiel de respecter les recommandations d’utilisation et d’adapter la routine en fonction du sérum choisi.
Dans la majorité des cas, un sérum hydratant ou protecteur peut être utilisé quotidiennement, voire deux fois par jour. La régularité est un facteur clé de l’efficacité des soins cosmétiques.
Toutefois, certains sérums nécessitent une introduction progressive, notamment ceux contenant des actifs kératorégulateurs ou stimulants du renouvellement cellulaire. Une application trop fréquente dès le départ peut entraîner irritation et inconfort.
L’écoute de la peau et l’adaptation progressive de la fréquence sont essentielles pour garantir une bonne tolérance.
L’utilisation d’un sérum pour le visage peut s’envisager selon différents rythmes, en fonction de sa composition, des besoins cutanés et des objectifs recherchés. Certains sérums, notamment hydratants ou protecteurs, sont conçus pour une utilisation continue et peuvent être intégrés durablement dans la routine quotidienne afin de maintenir une bonne qualité de peau. D’autres sérums, plus concentrés ou contenant des actifs ciblés, peuvent être utilisés de manière ponctuelle pour répondre à un besoin précis, comme une déshydratation transitoire, une perte d’éclat ou une période de stress cutané. Enfin, certains sérums s’utilisent sous forme de cure, sur une durée limitée, afin de stimuler des mécanismes spécifiques de la peau. Le choix entre une utilisation continue, ponctuelle ou en cure doit toujours être adapté à la tolérance de la peau et réévalué dans le temps, car une utilisation excessive ou inadaptée ne permet pas d’améliorer les résultats et peut, au contraire, fragiliser la barrière cutanée.
Certaines pratiques peuvent compromettre l’efficacité du sérum. Son application sur une peau insuffisamment préparée, notamment mal nettoyée, en est un exemple fréquent. De même, l’absence de soin émollient (crème) appliqué ensuite empêche de maintenir l’hydratation et peut accentuer la sensation de sécheresse.
L’accumulation de plusieurs sérums au sein d’une même routine, sans cohérence dans le choix des actifs, ou l’association de formules incompatibles, est également susceptible d’altérer l’équilibre cutané. Par ailleurs, des applications trop répétées ou réalisées avec excès de pression peuvent provoquer des réactions d’irritation.
Une routine mesurée, structurée et adaptée aux besoins réels de la peau est plus bénéfique qu’une superposition excessive de produits.
Article rédigé par le Dr Romano Valeria
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