INJECTIONS SAUVAGES DE TOXINE BOTULIQUE : LES DANGERS

Injections de toxine botulique Genève

La toxine botulique est un produit phare en médecine esthétique. Son utilisation pour atténuer certaines rides d’expression et traiter l’hyperhidrose axillaire primaire est bien documentée. Cependant, l’essor d’injections clandestines réalisées par des personnes non qualifiées pose un problème de santé publique.
À Genève, comme dans d’autres grandes villes, de nombreux patients recherchent des traitements esthétiques accessibles, ce qui les expose parfois à des pratiques illégales. Or, les complications peuvent être sévères, notamment lorsque la toxine botulique est injectée dans certaines zones comme le cou et la ligne mandibulaire. Dans cet article, nous mettons en lumière les risques majeurs associés à ces pratiques, en insistant sur les effets secondaires qui peuvent altérer la voix, la déglutition et la respiration, voire nécessiter le port d’une minerve.

Sommaire

Mécanisme d’action de la toxine botulique

La toxine botulique est une neurotoxine qui bloque temporairement la libération d’acétylcholine, un neurotransmetteur responsable de la contraction musculaire. Lorsqu’elle est injectée correctement par un médecin formé et expérimenté, elle permet de détendre des muscles spécifiques et d’obtenir des résultats harmonieux et sécurisés.
Cependant, la diffusion incontrôlée de la toxine dans des muscles adjacents, ou une injection sans respect des indications, peut provoquer des effets secondaires graves, en particulier lorsque les injections sont réalisées par des non-professionnels.

Indications médicales et esthétiques

La toxine botulique est utilisée en médecine pour diverses indications :

Toutefois, une injection mal réalisée (dose ou localisation) peut provoquer des effets secondaires très graves.

Pourquoi les patients se tournent-ils vers des injections clandestines ?

  • Coût plus attractif : les injections clandestines sont souvent proposées à des tarifs largement inférieurs à ceux pratiqués par des médecins formés et expérimentés qui utilisent des produits de bonne qualité.
  • Manque d’information : certains patients ne mesurent pas les risques associés aux injections effectuées hors d’un cadre médical réglementé.
  • Influence des réseaux sociaux : la prolifération de “injecteurs” non qualifiés promouvant leurs services sur les plateformes numériques accentue le phénomène.

Les risques liés aux injections sauvages

Contrairement aux injections réalisées en cabinet médical par un médecin, les injections clandestines présentent plusieurs dangers :

  • Absence de traçabilité des produits : certains produits utilisés peuvent être contrefaits ou mal conservés.
  • Techniques d’injection inappropriées : une mauvaise connaissance de l’anatomie peut entraîner des erreurs fatales.
  • Aucune gestion des complications : en cas d’effet indésirable, le patient ne peut pas consulter l’injecteur pour la prise en charge de cette complication.

Les complications spécifiques aux injections de toxine botulique dans le cou et la ligne mandibulaire

Les injections de toxine botulique dans le cou et la ligne mandibulaire nécessitent une précision extrême en raison de la complexité anatomique de ces zones. Mal réalisées, elles peuvent entraîner des complications sérieuses, affectant des fonctions essentielles comme la voix, la déglutition ou la respiration. Il est donc crucial de comprendre les risques associés à ces interventions délicates.
D’ailleurs dans cette zone l’unique indication autorisée est l’amélioration temporaire de la visibilité, modérée à sévère, du platysma visible lors d’une contraction maximale et lorsque sa sévérité entraîne un retentissement psychologique important chez les patients adultes.

Troubles de la voix (dysphonie)

Les injections peuvent affecter les muscles laryngés et causer :

  • Une altération de la voix, qui devient plus faible ou rauque.
  • Une incapacité temporaire à parler normalement, pouvant durer plusieurs semaines.
  • Une gêne importante chez les professionnels de la voix (orateurs, chanteurs).

Des études ont montré que la dysphonie peut survenir chez jusqu’à 24% des patients ayant reçu une injection mal réalisée au niveau du cou.

Troubles de la déglutition (dysphagie)

Lorsque la toxine botulique diffuse aux muscles responsables de la déglutition (muscles pharyngés et œsophagiens), elle peut provoquer :

  • Une difficulté à avaler ce qui peut causer des fausses routes.
  • Une perte de poids due à l’incapacité à s’alimenter normalement.
  • Un risque accru de pneumopathie d’inhalation, qui peut être mortelle.

Dans certains cas, ces troubles persistent plusieurs mois, rendant la vie quotidienne très difficile.

Troubles de la voix (dysphonie)

Les injections peuvent affecter les muscles laryngés, entraînant :

  • Une altération de la voix, qui devient plus faible ou rauque.
  • Une incapacité temporaire à parler normalement, pouvant durer plusieurs semaines.
  • Une gêne importante chez les professionnels de la voix (orateurs, chanteurs).

Des études ont montré que la dysphonie peut survenir chez jusqu’à 24% des patients ayant reçu une injection mal réalisée au niveau du cou.

Faiblesse musculaire du cou : nécessité du port d’une minerve

L’injection de toxine botulique peut engendrer une hypotonie musculaire au niveau du cou, rendant impossible le soutien de la tête. Cela entraîne :

  • Une posture anormale nécessitant le port d’une minerve cervicale.
  • Une douleur cervicale chronique.
  • Une perte de mobilité, impactant les activités quotidiennes.

Ce type de complication est particulièrement invalidant et peut durer plusieurs mois.

Comment éviter ces complications ?

Pour minimiser les risques liés aux injections de toxine botulique certaines précautions sont essentielles. Le choix du médecin, la qualité des produits utilisés et le respect des bonnes pratiques médicales sont des facteurs déterminants pour garantir des résultats sûrs et harmonieux. Voici les conseils clés pour éviter ces complications.

Consulter un médecin formé et expérimenté à Genève

Pour garantir la sécurité des injections de toxine botulique, il est essentiel de consulter un médecin expérimenté, inscrit à l’ordre des médecins. Un médecin qualifié, expérimenté et formé aux injections de toxine botulique : utilise des produits officiels et traçables, maîtrise parfaitement l’anatomie faciale et cervicale, évalue les contre-indications et adapte les doses en fonction du patient, assure un suivi médical rigoureux en cas d’effet secondaire, respecte les indications.

Vérifier l’authenticité des produits injectés

Les patients peuvent s’assurer (en demandant l’étiquette du produit) que le produit utilisé provient de laboratoires agréés et qu’il n’est ni contrefait, ni périmé.

Se méfier des offres trop attractives

Les injections de toxine botulique à des prix excessivement bas doivent alerter. Un traitement médical de qualité a un coût qui reflète la compétence du médecin et le prix du produit.

Conclusion : un choix éclairé pour une médecine sûre

Les injections de toxine botulique offrent d’excellents résultats lorsqu’elles sont réalisées par des médecins formés. Cependant, la multiplication des pratiques clandestines expose les patients à des risques majeurs et à des  complications qui peuvent être particulièrement sévères.
À Genève, il est impératif de choisir un médecin formé, qualifié et expérimenté pour garantir des résultats esthétiques harmonieux tout en évitant des effets secondaires invalidants voire mortels. Les troubles de la voix, de la déglutition, de la respiration, ou encore la nécessité de porter une minerve, ne sont pas des conséquences anodines. Une injection ratée peut avoir des répercussions durables sur la qualité de vie.
Avant toute intervention, il est donc essentiel de bien s’informer et de privilégier une approche sécurisée et médicale.

Photo docteur Valeria Romano à Genève

Article rédigé par le Dr Romano Valeria

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